Antoine Dorotte
Una misteriosa bola, 2011

Erik Dietman
Le frère de Dieu, 2002

Olivier Vadrot
Circo Minimo, 2012 (édition 2016)

Osman Dinç
La Fontaine à la pluie, 2013

Nicolas Sanhes
IP 5, 2006

Pierre Tual
Renouée du Japon, 2012

Philippe Ramette
Funambule (titre provisoire), 2011
Courtesy Galerie Xippas

Elisabeth Ballet
Lazy days, 2007

Jennifer Caubet
Shelter, 2016

Nathalie Brevet_Hughes Rochette
de Loing en loin, 2015

UN COMMISSARIAT D’ÉRIC DEGOUTTE

ARTISTES : ELISABETH BALLET, NATHALIE BREVET_HUGHES ROCHETTE, JENNIFER CAUBET, ERIK DIETMAN, OSMAN DINÇ, ANTOINE DOROTTE, PHILIPPE RAMETTE, NICOLAS SANHES, PIERRE TUAL, OLIVIER VADROT.

Presqu’île adresse un clin d’oeil à la physionomie du parc, naturellement délimité par deux bras du Loing et leur rencontre en dessinant la pointe. C’est en ce point de confluence que s’est inscrit le tandem d’artistes Nathalie Brevet_Hughes Rochette, en amont de l’ouverture du centre d’art, pour accompagner les visiteurs au fil de l’eau, dans la découverte de ce nouvel espace dédié à la création contemporaine. Comme prolongeant leur inscription intime dans le paysage, ce premier ensemble de sculptures a été pensé sur le principe d’une promenade. Cette trajectoire sensible en encourage une autre, mentale. Elle est une invitation à s’octroyer ce temps propice à la contemplation qu’évoquent souvent Philippe Ramette et Elisabeth Ballet.

Ce circuit intègre également la présence de Pierre Tual, l’un des premiers artistes ayant travaillé sur les friches amilloises en 2012. Les formes courbes de sa sculpture ont été inspirées par celles des feuilles de la renouée du Japon, une plante qu’il a remarquée en découvrant le parc à l’automne et dont les grandes feuilles de « couleur un peu rouille noire » approchent l’un de ses matériaux de prédilection, l’acier Corten. Son traitement du volume par le vide trouve un écho dans le travail du sculpteur Nicolas Sanhes qui lui intègre cependant une dimension plus géométrique.

Première artiste accueillie en résidence, Jennifer Caubet a réalisé une structure mobile qui résonne avec les singularités architecturales des Tanneries réhabilitées. Dressée à l’entrée du parc, Una misteriosa bola d’Antoine Dorotte marque un signal fort. Son caractère ovoïde ou bourgeonnant semble annoncer l’éclosion de formes nouvelles, à l’image de cet espace de création que représente Les Tanneries.

Les échanges de parole avec les artistes accompagnant les expositions ont un temps trouvé leur place dans le Circo Minimo, installé dans la Verrière du centre d’art lors de son inauguration en 2016. Réalisée par Olivier Vadrot dans le cadre d’une résidence à la Villa Medicis, sa structure évoque les architectures de la Rome antique, telles que le Cirque Maxime ou le Colisée. A la fois mobilier et dispositif scénographique, sa production se réalise à mesure de ses présentations, cette pièce ayant été fabriquée sur place. Elle offre désormais aux visiteurs du parc la possibilité de faire une pause au cours de la promenade, ou de pique-niquer en s’y installant.

La silhouette hiératique et ombrageuse de la Fontaine à la pluie s’érige non loin de là. Réalisée par le sculpteur Osman Dinç, elle évoque une figure totémique tout en intégrant une esthétique épurée rappelant presque une architecture moderniste.
L’artiste puise dans les éléments naturels, le corps, l’outil, ou encore certains motifs et figures africains pour dégager des formes archétypales qu’il conduit vers l’abstraction. Détachées de leur contexte d’origine, celles-ci explorent l’universalisme du langage plastique et visuel.

En vis à vis, Le Frère de Dieu dresse son allure ambigüe à l’entrée du parvis. Initialement réalisée par Erik Dietman à l’échelle d’une figurine d’argile de 15 cm, on y décèle selon l’angle de vue l’empreinte des doigts de l’artiste – désormais ceux d’un géant – ou encore un profil cornu, une créature ailée… Cette représentation d’un mystérieux « frère » s’inscrit dans une série éponyme, dont Dietman lui-même, fidèle à son iconoclasme ludique et savant, s’était chargé d’imaginer l’histoire au début des années 1990.

Présentées sur une période plus longue que les oeuvres montrées dans les espaces d’expositions, les sculptures de Presqu’île #1 font l’objet de prêts ou de dépôts sur plusieurs années.
Un renouvellement de ces dernières est prévu prochainement.