épochè (ici)
Vue de l’exposition collective sur une proposition de Sally Bonn
Grande Halle des Tanneries

Les Tanneries – CAC, Amilly, 2022
En collaboration avec le musée Girodet, Montargis
Photo : Aurélien Mole

épochè (ici)
Vue de l’exposition collective sur une proposition de Sally Bonn
Verrière des Tanneries

Les Tanneries – CAC, Amilly, 2022
En collaboration avec le musée Girodet, Montargis
Photo : Aurélien Mole

épochè (ici)
Vue de l’exposition collective sur une proposition de Sally Bonn
Galerie Haute des Tanneries

Les Tanneries – CAC, Amilly, 2022
En collaboration avec le musée Girodet, Montargis
Photo : Aurélien Mole

épochè (ici)
Vue de l’exposition collective sur une proposition de Sally Bonn
Galerie Haute des Tanneries

Les Tanneries – CAC, Amilly, 2022
En collaboration avec le musée Girodet, Montargis
Photo : Aurélien Mole

épochè (ici)
Vue de l’exposition collective sur une proposition de Sally Bonn
Galerie Haute des Tanneries

Les Tanneries – CAC, Amilly, 2022
En collaboration avec le musée Girodet, Montargis
Photo : Aurélien Mole

épochè (ici)
Vue de l’exposition collective sur une proposition de Sally Bonn
Galerie Haute des Tanneries

Les Tanneries – CAC, Amilly, 2022
En collaboration avec le musée Girodet, Montargis
Photo : Aurélien Mole

épochè (ici)
Vue de l’exposition collective sur une proposition de Sally Bonn
Petite Galerie des Tanneries

Les Tanneries – CAC, Amilly, 2022
En collaboration avec le musée Girodet, Montargis
Photo : Aurélien Mole

épochè (ici)
Vue de l’exposition collective sur une proposition de Sally Bonn
Petite Galerie des Tanneries

Les Tanneries – CAC, Amilly, 2022
En collaboration avec le musée Girodet, Montargis
Photo : Aurélien Mole

épochè (ici)
Vue de l’exposition collective sur une proposition de Sally Bonn
Salles d’expositions temporaires du musée Girodet

Les Tanneries – CAC, Amilly, 2022
En collaboration avec le musée Girodet, Montargis
Photo : Aurélien Mole

épochè (ici)
Vue de l’exposition collective sur une proposition de Sally Bonn
Salles d’expositions temporaires du musée Girodet

Les Tanneries – CAC, Amilly, 2022
En collaboration avec le musée Girodet, Montargis
Photo : Aurélien Mole

Commissaire : Sally Bonn / Artistes : Benjamin L. Aman, Joan Ayrton, Cécile Beau, Leïla Brett, Anne-Lise Broyer, Charlotte Charbonnel, Sépànd Danesh, Marina Gadonneix, Anne-Valérie Gasc, Agnès Geoffray, Anne-Louis Girodet, Marco Godinho, Amélie Lucas-Gary, Benoît Maire, Estefanía Peñafiel Loaiza, Aurélie Pétrel, Katja Schenker, Suspended spaces, Raphaël Tiberghien, Emmanuel Van der Meulen, Arnaud Vasseux et Virginie Yassef

Les artistes réunis (ici) pour cette épochè proposent, dans ce pli du temps suspendu,
de faire face au monde et à l’époque et, par leurs œuvres,
comme le proposait Victor Hugo dans un passage des Misérables, « d’étonner la catastrophe ».
La suspension a ce pouvoir.

Sally Bonn, extrait de note d’intention, mars 2022


Pour répondre à l’invitation qui lui a été faite d’être la commissaire d’une exposition collective se déployant sur l’ensemble du centre d’art et les salles d’expositions temporaires du musée Girodet, Sally Bonn, écrivaine et critique d’art, a choisi de renouer avec une recherche au long cours menée autour de la notion d’épochè. Donnant son titre à l’exposition, elle signifie, étymologiquement, « l’arrêt », « l’interruption », « la cessation », puis, dans les domaines de la philosophie et de la psychanalyse, « la suspension du jugement ». Soudainement réactivée à l’épreuve des épisodes de confinements qui ont jalonné ces deux dernières années – expériences de suspension par excellence de nos vies en ébullition ! –, cette recherche trouve enfin (ici) l’espace et le temps de son activation et de son déploiement.

Véritable passage à l’acte curatorial, épochè (ici) nous incite donc « à faire l’expérience d’une suspension du temps, du regard, du jugement ». Sally Bonn formule ainsi le pari de réactiver en l’actualisant poétiquement la posture philosophique et antique du retrait pour mieux donner à voir et à comprendre notre monde, dans l’entre-deux des catastrophes passées dont il conserve les mémoires et les traces et de celles potentiellement à venir qu’il contient en puissance.

Reposant sur des mises en miroir et en œuvres qui révèlent des gémellités contrariées, l’unicité du propos se développe au fil de l’exposition en une riche polysémie qui recoupe la polymorphie des pratiques déployées – multi-médias, multi-dimensionnelles, multi-sensorielles et multi-mémorielles. Le fragment y rencontre le tout pour faire advenir une mosaïque d’états de présence au monde qui ne sont pas sans contenir la vibration des absences comme des latences qui les sous-tendent, entre visibilités et invisibilités, immanences et transcendances.

À ce titre, l’exposition tisse des liens avec le fil de saison Draw Loom dans sa capacité à convertir un propos en un motif constellaire composé de réalités entrecroisées ; mais aussi avec celui de la saison passée, Dis] Play Off [Line, dans l’investigation qu’elle mène sur les conditions d’émergence des œuvres comme des regards, à travers des dispositifs et protocoles au sein desquels le conceptuel et le sensible se rencontrent pour mieux faire bouger les points de vue comme les lignes d’horizon. De la même manière, épochè (ici) s’inscrit pleinement dans la lignée des commissariats invités par le centre d’art, présentant notamment une filiation singulière avec celui adressé à Bernhard Rüdiger qui nous engageait, lui aussi, avec le projet Chambre double, à considérer l’espace-temps de la suspension, de la veille – contemplative et active –, comme celui d’une mise en éveil poétique.

Tirant finement ces fils, épochè (ici) en agrandit le cadre de tissage, exploitant les possibles qu’offre son extension hors-les-murs au musée Girodet – à la faveur d’une collaboration inédite initiée par le centre d’art. En confrontant les œuvres d’artistes contemporains attachées à rendre compte des ordres et désordres du monde à la fameuse Scène de déluge peinte en 1806 par Anne-Louis Girodet ou encore à l’une de ses illustrations des poèmes d’Ossian, Sally Bonn irrigue plus avant la veine néo-romantique de son projet.

Qu’elles soient inédites et réalisées in situ, passées* et réactivées pour faire écho à la mémoire industrielle du centre d’art ou encore les sources de matériaux d’autres créations à venir, les œuvres mises (ici) en dialogue constituent en effet, chacune à leur manière, des formes d’observations et de transformations, à la fois documentaires et lyriques, du monde, depuis ses tréfonds jusqu’aux constellations qui l’englobent en passant par ses surfaces et reliefs. À la croisée des arts et des sciences humaines et dites « dures », de la philosophie et de la littérature, de la politique et de la géopolitique, les œuvres de cette épochè sont autant de mises en application de protocoles poétiques de décryptages micro- et macro-scopiques du monde. Elles étudient les phénomènes qui l’animent, les matières, les couleurs, les textures et les éléments – naturels comme culturels – qui le composent, tout autant qu’elles questionnent ses représentations, ses histoires, ses devenirs et ses mystères – catastrophiques ou merveilleux.

Au fil d’un parcours suspendu à travers lequel ces approches singulières font office de révélateurs, de toutes nouvelles cosmogonies se font jour, favorisant l’éblouissement des sens comme les renouvellements du sens, entre lumières et obscurités, opacités et transparences, points aveugles et de bascule, dépassements de seuils et épiphanies. Ainsi, dans l’espace-temps de l’épochè, nous trouvons-nous tour à tour, d’une œuvre à l’autre, d’un espace à l’autre, dans leurs interstices et intervalles mêmes, à déambuler à travers les ruines de nos civilisations, à remonter le cours de l’Histoire comme celui du fleuve Tapajos au bord d’un bateau ou à gravir les flancs d’un volcan ; lestés au fond de la Méditerranée, luttant dans un rapide, errant dans un tunnel, lovés dans une cavité ou pris dans les mailles d’un filet atmosphérique ; assistant – l’oreille et le regard hallucinés –, à la cristallisation des tensions contenues dans les barrages hydrauliques comme dans les larmes du verre, à la rotation ou au ronronnement d’une pierre, à l’éclosion d’un éclair, au bruit de la poussière comme à l’effacement de nos repères et de nos prières.

En bon funambules, nous faisons, en même temps que la (re)découverte des quatre coins et recoins du globe, l’expérience de la création – de la poesis – sous toutes ses formes, depuis le hic et nunc de l’œuvre jusqu’à ses hors-champs. Véritable poème déployé tenant à la fois du manifeste et du palimpseste, l’épochè concrétisée par Sally Bonn se meut ainsi en une épopée composée de mille récits, ouverte et non-linéaire, puissante et fragile, intime et collective. Dans le temps de la suspension, se superposent alors ceux de la création et de la réception. Faisant partie intégrante du voyage, nous l’activons et l’imprégnons de nos subjectivités, guidés que nous sommes par les ondes perpétuelles, sismiques et sensuelles nées de l’entremêlement des œuvres. Nul doute que la romancière Amélie Lucas-Gary saura poursuivre l’esprit de cette expédition dans l’invitation qui lui a été faite de (ré)encrer les pages laissées blanches de l’exposition.

Entre phénoménologies, contemplations et métamorphoses, réminiscences, fantasmes et aspirations, rétrospections et prospections, tout se passe comme si nous faisions finalement l’expérience d’une introspection primordiale. Aurions-nous, dès lors, un coup d’avance sur le destin ? Rien n’est moins sûr. Sally Bonn nous rappelle d’ailleurs, çà et là, qu’à trop s’extraire on peut se perdre. Ce faisant, elle semble nous engager à continuer d’osciller et de flotter, tels le pendule ou le nuage. Symboles d’une réflexion et d’une imagination en cours, ils soulignent la qualité de voyage immobile de l’épochè dont la fixité apparente n’est autre que l’expression secrète du mouvement qui (nous) anime le monde.

Communiqué de presse de l’exposition


* Celles d’Arnaud Vasseux, de Charlotte Charbonnel, d’Anne-Valérie Gasc et de Benoît Maire sont aussi l’occasion de faire écho aux expositions passées réalisées aux Tanneries, depuis leur pré-histoire en friches jusqu’aux premières années de leur existence, en revenant respectivement sur les traces des projets Dé-composition (2012, commissariat de Sylvie Turpin), L’Éternité par les astres (2017, commissariat de Léa Bismuth), Monuments – Les larmes du Prince et Vitrification – Les larmes du Prince (2018-2019, exposition en deux volets, commissariat d’Emmanuelle Chiappone-Piriou), IN HAWAII (2020-2021, commissariat d’Éric Degoutte).


COLLABORATIONS

L’exposition épochè (ici) se déploie aussi hors-les-murs au musée Girodet de Montargis et sera suivie d’épochè (maintenant), second volet présenté du 27 mai au 23 juillet 2022 à art-cade*, Galerie des grands bains douches de Marseille !


REMERCIEMENTS

L’exposition épochè (ici) bénéficie des contributions de deux collections particulières, Paris ; du FRAC Normandie et de la galerie Christophe Gaillard, Paris ; du musée Girodet, Montargis ; de la galerie Florence Loewy, Paris ; ainsi que de la galerie 22,48 m2, Paris, dans le cadre des prêts respectifs des œuvres de Sépànd Danesh, Marina Gadonneix, Anne-Louis Girodet, Joan Ayrton et Cécile Beau.

L’exposition a par ailleurs plus largement bénéficié, dans le cadre de sa mise en œuvre, de la coopération des Services Techniques et de l’Espace Jean Vilar de la Ville d’Amilly, ainsi que des élèves des CAP Menuiserie/Installation et Maçonnerie de l’E.R.E.A. Simone Veil d’Amilly et de leurs enseignants référents.


AUTOUR DE L’EXPOSITION

>> les dimanches 10 et 24 avril 2022, à 15h

Visites flash de l’extension de l’exposition au musée Girodet.

>> les mercredis 13 et 20 avril 2022, de 10h à 12h

Ateliers des vacances autour de l’exposition.

>> le dimanche 17 avril 2022, à 16h30

Visite flash de l’extension de l’exposition au musée Girodet.

>> le samedi 23 avril 2022, à 15h30

Conversation publique au musée Girodet avec Sally Bonn accompagnée d’Anne-Lise Broyer.

>> le samedi 30 avril 2022, de 15h à 16h et de 16h30 à 17h30

Ateliers en famille autour de l’exposition.

>> le samedi 28 mai 2022, à 15h30

Conversation publique aux Tanneries avec Sally Bonn accompagnée d’un.e artiste invité.e, restitution de la résidence d’auteure d’Amélie Lucas-Gary et lecture poétique de Ludovic Bernhardt dans le cadre du finissage de l’exposition.

>> Plus d’informations sur : https://www.lestanneries.fr/agenda/