Stéphanie Cherpin, Foreign parts, 2015.
Fragment de tente, lit de camp, botte en plâtre, ruban adhésif, peinture.
Crédit photo Cyril Cauvet, production L’assaut de la menuiserie

Laurent Folon, Chevrolet intérieur cuir, 2014.
Moulage en mousse polyuréthane expansive, verre, métal.

Alice Martin, Héliogabale II, 2018.
Sommier, confettis, fibre de rembourrage polyester

Pierre Gaignard, Herbier d’hiver du Wonder/Liebert, 2018.
Herbes sauvages, acier recyclé, plexiglass d’occasion.
Vue de l’exposition Bagnolet Chamanique 4K, Galerie Eric Mouchet, Paris

Louise Mervelet, Strangers makes them shy (détail), 2019.
Installation avec les pièces Arcimbolda, Sculpture androgyne, Layer cake #3, A turd, mama, a turd, Pansements, Champignon et sol.
Production GENERATOR, 40mcube/EESAB/Self Signal

Anita Molinero, Jeux avec particules,  2018.
Accessoires de jeux d’enfants, pots d’échappement.
Crédit photo : N. Breton

Laurent Le Deunff, Chewing gum, 2010.
Quartz rose

Une proposition de Stéphanie Cherpin, accompagnée de Laurent Faulon, Pierre Gaignard, Laurent Le Deunff, Alice Martin, Louise Mervelet, Anita Molinero, Thomas Teurlai

Ma chère maman*,
J’espère que tu vas bien.
J’ai bien réfléchi : toute cette histoire, ça me parle.  J’ai plein d’idées  ;  je repense à la verrière : « c’est beau mais c’est un espace très hostile, il fait 50 degrés l’été et l’hiver le sol en béton gèle », tu m’as dit.

J’ai tout de suite pensé à Concrete Island de Ballard, cette ambiance poussiéreuse, âcre, étouffante. Je nous ai vus, tous, coincés comme le héros, mais sur la presqu’île de béton des Tanneries, entre les deux bras du Loing comme entre les bretelles d’une autoroute, drôles de vacances en famille.

Et puis il y a cet épisode de la Quatrième dimension : The midnight sun. L’héroïne, une artiste, son visage ruisselant, en nuisette à la fenêtre. Elle regarde les tôles surchauffées des voitures, le bitume qui fond, comme la peinture sur ses toiles, le soleil qui se rapproche. Fin du monde.
À la fin, elle se réveille, c’était un cauchemar, en fait la terre s’éloigne du soleil, on va tous crever de froid.

Alors pour l’expo, j’ai eu l’image d’une rue « post-post-apocalyptique », joyeuse. On fond, on gèle, mais on continue à fabriquer des choses, on résiste avec des sculptures « survivantes » : on arrive par le bout de la verrière et on marche 50 mètres dans ce « couloir » de béton, avec le ciel au-dessus de la tête. Une sorte de fête foraine, comme dans la ville abandonnée de Tchernobyl, et des arbres étranges qui repoussent au milieu des auto-tamponneuses vides. Les sculptures ont pris la rue, elles ont leurs propres armes, elles crient !

Du coup, j’aurais sans doute des pieds en métal à fabriquer avec Pierre et Thomas. Miam. Des photos, Louise avec un tutu et un coquillage en PQ sur la tête, ça sera chaud, style shooting de mode. Une pluie de malabars rose. De la colle blanche. Un tapis à paillettes. Un matelas accroché au plafond, avec une sangle ? Des brioches cosmiques et des pizzas mutantes. J’avais bien envie de tester la cire à épiler, blanche, nacrée, comme un glacis. Bref, un truc entre le canard de Vaucanson, un pédalo, et Mapplethorpe qui respire l’air de son cul avec un masque à gaz, je t’en dis pas plus.

Pour les pièces on reste sur Sirène, Berlingot, Héliogabale II, Nénuphar et Intime émotion, ok ?

Pour des raisons formelles mais aussi éthiques et puis parce que nous avons tous beaucoup d’affection les uns pour les autres, j’espère que nous mangerons des arrosticini pour ta fête.

Merci maman pour l’invitation en tous cas,
Love,
Ta fille.

 

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* Cette lettre est un cut-up que Stéphanie Cherpin a composé à partir des échanges qu’elle a eus par mail avec chacun des artistes de l’exposition. Une fille écrit une lettre à sa mère (le 26, c’est la fête des mères !). La « fille », c’est aussi bien elle que tous les autres artistes, sans hiérarchie, une grande famille.

 

L’exposition s’inscrit dans la dernière partie du cycle d’expositions 
Script, scraps and tracks.
S’emparant des conditions d’exposition extrêmes des visiteurs et des œuvres à la chaleur estivale de la Verrière, les huit artistes se livrent avec humour au genre du scénario catastrophe. L’assemblage expérimental d’objets issus du quotidien, le travail illusionniste du traitement de la matière, l’assimilation de la Verrière à une rue déserte et asséchée sont autant d’éléments au travers desquels se prolongent les références au script, à la trace et à la piste qui orientent la programmation artistique depuis octobre 2018 et jusqu’à la fin de l’été.

 

INFORMATIONS POUR LE VERNISSAGE :

A 15h30, une conversation sera menée par Eric Degoutte avec les artistes présents, Tadzio (exposition Hippocampe, Petite galerie) ainsi qu’Anne-Valérie Gasc, en résidence dans la Grande halle.

Pour le vernissage de samedi 25  mai, nous mettons à votre disposition une navette au départ 
de la gare de Montargis à 15h15, en lien avec le train au départ
 de Paris Gare de Bercy (14h11, arrivée 15h09).
 Retour à 17h40 pour le train de 18h04 qui arrive à Paris Gare de Lyon à 19h43.
Renseignements et réservations à : contact-tanneries@amilly45.fr
 – Pour la presse : communication-tanneries@amilly45.fr