Anne-Valérie Gasc, Les Larmes du Prince – Vitrifications
(document de travail), capture d’écran, logiciel de génération paramétrique de chemin aléatoire dans la Grande halle des Tanneries, conception : Guillaume Stagnaro, 2019. © Anne-Valérie Gasc

Anne-Valérie Gasc, Les Larmes du Prince – Vitrifications (document de travail), micro-billes de verre, 2019.
© Anne-Valérie Gasc

Artiste : Anne-Valérie Gasc - Commissariat Emmanuelle Chiappone-Piriou

À l’automne 2018, Anne-Valérie Gasc a présenté aux Tanneries le premier volet de son projet
Monuments, Les Larmes du Prince. Elle exposait, à l’échelle de la maquette et de l’esquisse, les prémices de Vitrifications. Cette seconde installation, conçue spécifiquement pour la Grande halle du centre d’art, sera dévoilée cet été à l’issue d’une résidence de recherche et d’expérimentation in situ.

L’architecture est au cœur du travail d’Anne-Valérie Gasc depuis des années. Au gré des œuvres, l’artiste a enregistré, voire rejoué, des états de basculement et de destruction, y scrutant les signes des desseins politiques, symboliques et sociaux ou, plus précisément, de leurs échecs. Encore une fois, avec Vitrifications, Anne-Valérie Gasc semble convoquer l’architecture dans un état limite, trouvant dans sa mise en crise les moyens d’une expression critique.

Vitrifications consiste en une tentative d’édification robotique, à l’échelle du corps, d’un tracé généré numériquement, à partir du volume de la Grande halle. Elle est le fruit d’une démarche expérimentale poussée, artistique et technologique, développée grâce à l’expertise de l’Inria (Institut national de recherche en sciences du numérique). L’hybridation entre les différents champs (architecture, art, computation, robotique) est rendue possible par la continuité digitale que l’outil informatique établit entre les différents domaines d’information. La confrontation avec les dimensions imposantes des Tanneries, avec cet ordonnancement fonctionnel et rationaliste, opère comme un contrepoint à cette autre architecture, faite de l’entrelacement de signaux, d’information, d’énergie et de code. Dans une forme d’épuisement, l’effectivité du code échoue néanmoins à in-former la matière, s’ouvrant étrangement à l’ineffable.

 

Emmanuelle Chiappone-Piriou, commissaire de l’exposition