Anne-Valérie Gasc, vue d’exposition Monuments, Les Larmes du Prince, 2018

Anne-Valérie Gasc, sur le socle : de gauche à droite : Ruines #01 à #07, 2018, série de 10 moulages en verre, Doodles Monuments, #01 à #10, 2016-2018, série de 10 impressions en résine calcinable, L’original transparent #01 à #10, 2018, vue d’exposition Monuments Les Larmes du Prince, 2018

Anne-Valérie Gasc, Surface-Tension, (Inachevés),  série de 10 polyptyques, 2016, vue d’exposition Monuments, Les Larmes du Prince

Anne-Valérie Gasc, vue d’exposition Monuments, Les Larmes du Prince

Anne-Valérie Gasc,
Surface Tension(Inachevés), série de 10 polyptyques, 2016, vue d’exposition Monuments, Les Larmes du Prince

Anne-Valérie Gasc, Tectorium, série de 10 sérigraphies à la poudre de verre, 2016, vue d’exposition Monuments, Les Larmes du Prince.

Anne-Valérie Gasc, Tectorium, série de 10 sérigraphies à la poudre de verre, 2016, vue d’exposition Monuments, Les Larmes du Prince.

Anne-Valérie Gasc, Tectorium, série de 10 sérigraphies à la poudre de verre, 2016, vue d’exposition Monuments, Les Larmes du Prince.

Artiste : Anne-Valérie Gasc, Une proposition d'Emmanuelle Chiappone-Piriou

Après avoir questionné les écueils du Modernisme, Anne-Valérie Gasc poursuit son exploration des desseins politiques, symboliques et sociaux incarnés par l’architecture, en une suite de projets intitulée « Les Larmes  du Prince », entamée en 2015. Aux Tanneries, elle choisit de présenter une nouvelle étape de ses recherches qui se matérialisera en deux temps : à l’échelle de la maquette et de l’esquisse dans l’exposition « Monuments » (Petite galerie), puis à échelle monumentale dans la Grande halle au printemps 2019.

Anne-Valérie Gasc explore les évolutions de ce désir formel qui, héritier des visions cristallines et ductiles de l’architecture de verre (Glasarchitektur) du début du 20e siècle, se manifeste aujourd’hui dans des architectures contemporaines générées à l’aide d’outils numériques.
Par un travail plastique basé sur une compréhension fine des procédures digitales et de leurs possibilités matérielles et plastiques, Anne-Valérie Gasc explore les enjeux de cette production où le rôle de l’outil, devenu prépondérant, pousse les spéculations formelles au-delà de toute réalité constructive.

Architectures futuristes ou ruines en devenir? Gasc interroge l’incohérence structurelle de ses œuvres comme le signe de leur échec possible. Ses artefacts pointent l’ambigüité d’une démarche architecturale contemporaine où la virtuosité technique semble se suffire à elle-même, fragilisant ainsi les idéaux démocratiques que les visionnaires du 20e siècle se donnaient pour ambition d’incarner.

En confiant à un logiciel le tracé « idiot » de ses Doodles Monuments, elle donne forme à des « monuments gribouillés » paramétrés numériquement, intrigants par l’étrangeté de leurs tracés.
En un principe entropique similaire, les séries d’œuvres présentées conjuguent dimensions physiques et informationnelles.
En poussant à l’extrême les logiques numériques, elles mettent à l’épreuve la matière : la légèreté du tracé digital initial trouve des résolutions différentes, qu’il se cristallise dans un objet imprimé ou artisanal (les œuvres Ruines et L’Original transparent ont été réalisées par les maîtres verriers du CERFAV et du CIAV).

Les dizaines de prototypes qu’elle présente dans cette exposition portent les prémisses d’une installation d’envergure prévue pour le printemps 2019. Ce second moment de monstration vise la construction d’une pièce à grande échelle conçue et fabriquée numériquement pour la Grande halle. Pour cela, Anne-Valérie Gasc reprendra l’algorithme personnalisé de génération aléatoire d’un tracé virtuel, déjà exploré dans « Monuments », dont elle confiera la matérialisation à un robot.
Ce projet à échelle 1:1 repose sur un usage de technologies de pointe dont elle explore le potentiel de création grâce à des partenariats noués avec le monde de l’entreprise et de la recherche dans le secteur des technologies numériques.

Anne-Valérie Gasc entreprend une démarche qui est à la fois celle d’une chercheuse, d’une archéologue des formes construites et d’une artiste dont la réflexion critique anticipe également les scénarios de l’architecture de demain.

L’exposition s’inscrit dans la 3e saison artistique du centre d’art, « intitulée Script, scraps and tracks ». Cette saison sera l’occasion de découvrir nombre d’artistes marqués par les conditions de réalisation du geste artistique, du déployé au tracé, sur une diversité de surfaces ou plus fondamentalement dans l’évolution de leurs propres pratiques.