DISPOSITIFS-MONDES
Du 28 février au 26 avril 2026Visuel officiel de l’exposition Dispositifs-Mondes de Camille Sauer
Dessin exploratoire du projet d’exposition Dispositifs-Mondes, Camille Sauer, 2025 / ©Camille Sauer, ADAGP, Paris, 2026
La résidence de Camille Sauer s’inscrit dans la continuité du programme de résidences territoriales mené par le Centre d’art contemporain depuis 2021, qui explore les relations entre création artistique, espaces de vie et contextes locaux. Des projets tels que Out of Spaces de Marie Lelouche (2021-2022), À combien de pas dormez-vous de l’eau ? de Natalia Jaime-Cortez (2022-2023), Toucher de bouche de Benjamin Mouly (2023-2024) ou (Y)OUR SONG de Julie Chaffort (2024-2025) ont ainsi interrogé les liens entre environnements, publics et usages, à travers des formes immersives, participatives et sensibles. Dans cette dynamique, le travail de Camille Sauer prolonge ces réflexions en développant une approche technologique, sensorielle et collective, en prise directe avec le territoire et ses réalités humaines et sociales.
Depuis plus de dix ans, Camille Sauer construit une pratique transversale à la croisée de la musique expérimentale, du dessin, de la sculpture, des systèmes analogiques et numériques, et de la performance. Son travail explore les systèmes invisibles qui structurent nos sociétés, les tensions entre perception, construction du réel et récits politiques. Elle crée des écosystèmes où nature et culture, individuel et collectif, vivant et technologique se confrontent, posant chaque installation comme un dispositif d’expérience sensible et participative. Nourrie par la pensée musicale et architecturale d’Iannis Xenakis(1) et par les réflexions de Timothy Morton2(2)autour des systèmes complexes et de leur interdépendance, elle développe des dispositifs sonores et plastiques conçus comme des architectures actives. Le prototypage numérique et la gravure laser lui permettent de dessiner, d’assembler et d’articuler des circuits, des formes et des motifs qui fonctionnent comme des partitions, rendant perceptibles des structures invisibles où s’entrelacent le son, la circulation des flux et les enjeux politiques.
Durant sa résidence de six mois aux Tanneries, Camille Sauer développe Dispositifs-Mondes, un ensemble d’installations interconnectées évoquant des circulations énergétiques, organiques et informationnelles. Inspiré à la fois du corps humain et des structures sociales contemporaines, ce projet prend la forme d’un écosystème donné comme évolutif et sensible à l’environnement de l’espace d’exposition. La résidence intègre également une dimension participative, à travers des ateliers d’initiation aux pratiques numériques et sonores, qui ont permis aux participants de croiser le processus de création défini par l’artiste.
La restitution de la résidence se déploie sous la forme d’une exposition, répartie entre la Verrière et la Petite Galerie. Dans la Verrière, plusieurs dispositifs sculpturaux, suspendus ou ancrés dans l’espace, composent une cartographie organique traversée par des réseaux de câbles, de sons et de signaux électriques. Activables par le public à l’aide de gestes, de capteurs ou de boutons, ces modules produisent sons et vibrations, scénographiant l’espace en un dispositif laboratoire, habité par des processus rendus fictionnels, jouant avec les caractéristiques architecturales du lieu — lumière, humidité, condensation — qui participent à une expérience scénarisée.
La Petite Galerie offre un contrepoint plus introspectif et abstrait. Partitions graphiques, cartographies et un film issu de la résidence y déploient une réflexion sensible sur les dimensions mentales, politiques et symboliques du projet. Ces œuvres prolongent l’expérience de l’exposition en proposant un espace de ralentissement et de perception intérieure, en dialogue constant avec les installations de la Verrière.
Le son structure l’ensemble du parcours selon plusieurs strates : compositions préexistantes, captations en temps réel de l’environnement et interventions du public. Cette superposition désigne l’exposition comme une partition évolutive, où chaque présence, chaque action prétend à moduler l’équilibre général. Dispositifs-Mondes se présente ainsi comme un espace à habiter, un système ouvert dans lequel chaque visiteur est invité à éprouver des schémas de relations esquissés par l’artiste entre corps, technologie, territoire et société.
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(1) Iannis Xenakis (1922 2001) développe une approche de la composition musicale inspirée par l’architecture et les mathématiques, où les structures sonores sont conçues comme des formes spatiales et architecturales, associant dynamique, densité et perception de l’espace sonore. Voir Iannis Xenakis, Musique de l’architecture, Marseille, Éditions Parenthèses, 2006.
(2) Timothy Morton (né en 1968) définit les hyperobjets comme des entités massives, distribuées dans le temps et l’espace, si vastes qu’elles dépassent la perception humaine immédiate. Cela permet de penser des phénomènes complexes et interconnectés, tels que le changement climatique ou les réseaux numériques, dans une approche écologique et philosophique. Voir Timothy Morton, Hyperobjects: Philosophy and Ecology after the End of the World, University of Minnesota Press, 2013.
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VERNISSAGE SAMEDI 28 FÉVRIER 2026 DÈS 14H30
>> NAVETTE GRATUITE GARE DE MONTARGIS < > LES TANNERIES
Aller : départ depuis la gare de Montargis, côté rue Saint-Laurent (gare routière) à 15h15 (en lien avec le TER au départ de Gare Paris-Bercy à 14h11 < > arrivée Gare de Montargis à 15h08)
Retour : départ depuis Les Tanneries à 19h (en lien avec le TER Gare de Montargis, départ 19h50 < > Gare de Paris-Bercy, arrivée 20h49)
Inscription aux navettes obligatoire avant le 27 février 2026. Pour réserver une ou plusieurs places, veuillez communiquer votre nom et numéro de téléphone par mail ou par téléphone : contact-tanneries@amilly45.fr / 02.38.85.28.50
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Les artistes programmé.e.s au fil de la saison #8Ter – Nos maisons apparentées
Cycle 1
1er novembre 2025 : Inauguration de la troisième saison artistique d’un cycle de programmation de trois années intitulé Nos maisons apparentées
*Exposition Hommage de Claude Pasquer, Galerie Haute, jusqu’au 4 janvier 2026. Dans le cadre du Festival AR(t]CHIPEL 2025, porté par la Région Centre-Val de Loire, en collaboration avec le Centre Pompidou.
22 novembre 2025
*Exposition L’intimité des temps de Claire Trotignon, Verrière et Petite Galerie, jusqu’au 1 février 2026.
*Exposition Shooting star de Boris Chouvellon, Grande Halle, jusqu’au 12 avril 2026.
Cycle 2
7 février 2026
*Exposition Chambres avec vues de Florence Chevallier, commissariat Fabrice Bourlez, Galerie Haute, jusqu’au 12 avril 2026.
28 février 2026
*Exposition Dispositifs-mondes de Camille Sauer dans le cadre de sa résidence territoriale initiée en septembre 2025, Verrière et Petite Galerie, visible jusqu’au 26 avril 2026.
Cycle 3
30 mai 2026
*Exposition Astraction, abstractions !, commissariat de Thierry Davila, Grande Halle, Galerie Haute, Petite Galerie, Verrière, visible jusqu’au 13 septembre 2026.
27 et 28 juin 2026 (sous réserve)
* Les (F)estivales 2026 week-end estival de rencontres artistiques, de performances, de concerts et de projections.
Cette saison 8Ter sera ponctuée, comme les saisons précédentes, de rencontres avec les habitants du territoire Loirétain, traduisant l’engagement du Centre d’art contemporain d’intérêt national à être impliqué fortement sur son territoire. Pour cela le Centre d’art contemporain accueille Camille Sauer en résidence territoriale dès à présent. Dans le rapport de proximité permis par ces dispositifs, elle interroge les façons d’habiter nos espaces de vie à travers des temps croisés de création et de pensée.