Marco Godinho
Un vent permanent à l’intérieur de nous,
Vue de l’exposition,
Grande Halle,
Courtesy de l’artiste,
© Photo Aurélien Mole

Marco Godinho
Un vent permanent à l’intérieur de nous,
Vue de l’exposition,
Grande Halle,
Courtesy de l’artiste,
© Photo Aurélien Mole

Marco Godinho
Un vent permanent à l’intérieur de nous,
Vue de l’exposition,
Grande Halle,
Courtesy de l’artiste,
© Photo Aurélien Mole

Marco Godinho
Un vent permanent à l’intérieur de nous,
Vue de l’exposition,
Verrière,
Courtesy de l’artiste,
© Photo Aurélien Mole

Marco Godinho
Un vent permanent à l’intérieur de nous,
Vue de l’exposition,
Galerie Haute,
Courtesy de l’artiste,
© Photo Aurélien Mole

Marco Godinho
Un vent permanent à l’intérieur de nous,
Vue de l’exposition,
Galerie Haute,
Courtesy de l’artiste,
© Photo Aurélien Mole

Marco Godinho
Un vent permanent à l’intérieur de nous,
Vue de l’exposition,
Galerie Haute,
Courtesy de l’artiste,
© Photo Aurélien Mole

Marco Godinho
Un vent permanent à l’intérieur de nous,
Vue de l’exposition,
Petite Galerie,
Courtesy de l’artiste,
© Photo Aurélien Mole

Marco Godinho
From place to place, step by step / De place en place, de proche en proche #1, 2019-2023
Un vent permanent à l’intérieur de nous,
Espace extérieur,
Courtesy de l’artiste,
© Photo Aurélien Mole

Marco Godinho
The Infinite House (House number)
, 2012
Un vent permanent à l’intérieur de nous,
Espace extérieur,
Courtesy de l’artiste,
© Photo Aurélien Mole

Artiste : Marco Godinho / Commissaire : Éric Degoutte

La 8ème saison artistique, première d’un cycle de programmation de trois années intitulé Nos maisons apparentées ouvre un horizon de possibilités infinies, rythmé par des expériences intimes et collectives des lieux partagés, communs et quotidiens arpentés au gré de voyages réels, mentaux et poétiques. Accueillant tour à tour des trajectoires intérieures fragiles et singulières, les Tanneries se feront la demeure de réflexions interrogeant la symbolique du chez-soi. Elles feront résonner ce que signifie habiter ensemble nos paysages et territoires contemporains perpétuellement transformés. En ouverture de cette Saison 8, l’équipe des Tanneries vous invite à prendre part au vernissage de l’exposition Un vent permanent à l’intérieur de nous de Marco Godinho. Inaugurée le samedi 28 octobre sous les lueurs de la pleine lune et accueillant performances musicales, sonores et poétiques – les artistes Fábio Godinho et Frédéric D. Oberland -, cette exposition qui occupe l’ensemble des espaces d’exposition se prêtera à la déambulation et au cheminement jusqu’au dimanche 21 janvier 2024. 

Menant une exploration sensible des questions d’exil et de déplacements, c’est par un geste subtil, quasi imperceptible, que Marco Godinho fait du Centre d’art contemporain sa maison de l’infini(1). Il y déploie le fruit d’une réflexion menée depuis une quinzaine d’années sur une expérience subjective du temps et de l’espace. Artiste luxembourgeois d’origine portugaise, il est inspiré par sa propre expérience d’une vie nomade, suspendu entre différentes langues et cultures et nourri par la littérature et la poésie. À partir d’installations, d’écrits, d’œuvres-vidéos et collaboratives, Marco Godinho élabore une carte d’un monde façonné par des trajectoires personnelles, biographiques et multiculturelles. À rebours des stéréotypes identitaires, sa pratique conceptuelle tend à créer les conditions d’un domaine d’identification universel. 

Entre espace public et espace privé, intérieur et extérieur, Un vent permanent à l’intérieur de nous questionne la notion de frontière d’un point de vue géographique, philosophique et politique, mais également les liens tissés entre l’humain et le vivant, la façon dont les territoires et contextes singuliers agissent sur nos individualités. Marco Godinho s’appuie sur les qualités évocatrices des matériaux et, par cette approche écologique et métaphorique, nous invite à contempler la fugacité du temps et la nature transitoire de l’existence. Immersive, totale et évolutive, Un vent permanent à l’intérieur de nous ne saurait se saisir en une image. Comme un esprit chahuté, l’exposition se modifie sans cesse sous l’effet de rituels et d’actions performatives qui, pour la première fois, implique et engage simultanément la participation des publics et de l’équipe du Centre d’art contemporain. À travers des processus invisibles d’écriture, d’effacement, de déplacements et d’échanges autour des œuvres, l’exposition se fait ainsi le prolongement du projet artistique des Tanneries dont les actions favorisent un art en train de se faire, une réflexion commune et fortuite sur le geste comme acte de transformation. 

Accueillant de façon inédite une installation monumentale présentée à l’occasion de la Biennale d’art contemporain de Venise(2), le Centre d’art contemporain labellisé d’intérêt national en avril 2022, démontre une fois encore sa capacité à accompagner des artistes reconnus et internationaux dans leurs recherches et leurs productions. Métaphore d’un corps nomade, l’ensemble Written by Water(3) est alors repensé et réadapté in situ, tel un organisme vivant fragmenté, un écosystème qui évolue au contact d’une nouvelle architecture, celle d’anciennes tanneries enlacées par les deux bras du Loing. Conjuguant l’histoire, l’esthétique et l’esprit des lieux, la scénographie, tournée vers des horizons méditerranéens, convoque un récit ancien et fondateur – l’Odyssée d’Homère – dont la mer semble écrire les mémoires invisibles(4). La Grande Halle se fait alors le berceau d’un voyage immersif, heurté par le temps de la vague – celui de l’apparition, disparition, de l’oubli, du souvenir, de l’effacement et de l’incertitude que suscite l’errance. 

À l’étage, hors de toute frontière spatiale et limite temporelle, Marco Godinho nous plonge littéralement au cœur de sa maison de l’infini. Il en convoque l’enveloppe formelle, dans une relation intime et sensible au vivant, interrogeant ce que signifie habiter la terre. Sous la verrière, telle une maison ouverte aux battements du monde, perméable aux éléments et variations temporelles, les objets et matériaux migrent d’un état et d’un contexte à l’autre, dessinant le territoire d’une géographie intime à arpenter et éprouver. Marco Godinho dresse ainsi un imaginaire des fluides liés à la façon dont les éléments extérieurs – un vent qui caresse, dévaste ou déracine – conditionnent un corps intérieur. Le parcours se poursuit alors dans la Galerie Haute, écrin d’une constellation de gestes simples dont les motifs, les formes ouvertes et volatiles, incarnent une poétique de l’impermanence, du cheminement et de la traversée du temps et de l’espace. Chargés d’une mémoire des lieux, ces dispositifs tendent ainsi à rendre visible l’impalpable, à retenir un instant signifiant mais aussi, à contempler les mouvements d’un monde évanescent. 

 

1 Marco Godinho place à l’entrée du Centre d’art contemporain, une copie conforme du 8 qui identifie et localise sa propre maison. Positionné horizontalement, il rappelle le symbole de l’infini et questionne les lieux qui définissent la ville et ses racines. Il suggère ainsi un domaine d’identification plus universel afin d’apprendre à vivre ensemble. 

2 Lors de la Biennale de Venise 2019, Marco Godinho représentait le pavillon du Luxembourg. 

3 Titre de l’exposition réalisée par Marco Godinho à la Biennale de Venise en 2019. 

4 En référence à l’œuvre Written by Water, installation réalisée à l’occasion de la Biennale de Venise regroupant une collection d’environ 2000 carnets que l’artiste a immergée dans différents endroits de la mer Méditerranée au cours de ses voyages, invitant les visiteurs à lire les histoires invisibles écrites par la mer, les traces poétiques des lieux traversés et chargés de leurs propres mémoires. 

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Les artistes programmé.e.s au fil de la saison #8 – Nos maisons apparentées 

Cycle 1
Octobre
: Marco Godinho, Un vent permanent à l’intérieur de nous, Tous les espaces

Cycle 2
Février
: Diplômé.e.s et post-diplômé.e.s 2023 de l’École supérieure d’art et de design d’Orléans, Galerie Haute.
Un co-commissairat de Sophie Fétro, designer et théoricienne de design, maître de conférence en esthétique et sciences de l’art. 
Benjamin Mouly, In Watermelon Sugar, Verrière et Petite Galerie.
Mars : Romain Kronenberg, Grande Halle – Clément Bagot, Galerie Haute.

Cycle 3
Juin
: Lydie Jean-Dit-Pannel, Galerie Haute et Verrière – Jeunes diplomé.e.s de l’École nationale supérieure d’art de Dijon, Petite Galerie – Richard Long (demande de prêt en cours), Grande Halle.
Un commissariat de Bénédicte Ramade.