Mathieu Bonardet, Gouffre 15, 2016.
Graphite et poudre sur papier, 55 x 90 cm.
Courtesy galerie Jean Brolly

Mathieu Bonardet, Sans titre (marche), 2014.
Mine graphite sur papier marouflé sur bois, métal,
240 x 240 x 8 cm.
Crédit photo Émile Ouroumov

Mathieu Bonardet, Sans titre (lignes) 15, 2011.
Photographie numérique, édition de 5.

Artiste : Mathieu Bonardet   - commissariat Éric Degoutte

Back and forth… Le titre de l’exposition choisie pour la présentation des oeuvres de Mathieu Bonardet pointe d’emblée ce mouvement de va-et-vient que l’artiste travaille à différentes échelles, à différents rythmes, en recouvrant des supports à la mine de plomb, parfois jusqu’à leur saturation complète. Ce va-et-vient du bras qui dessine horizontalement ancre le corps tout entier dans l’énergie du tracé.
Ce qui se dépose à la surface de ces dessins, c’est un geste de recouvrement qui en se répétant transpire, s’ajuste, devient le sismographe d’un espace vibratoire physiquement éprouvé.

La dimension performative de ces dessins, tendus et travaillés par l’économie d’un corps à l’oeuvre, Mathieu Bonardet la partage aussi à travers des vidéos étirant dans le temps ce qui s’est comprimé dans l’espace bidimensionnel de ses oeuvres. À la vue de certains de ses dessins parmi les plus saturés, cet affrontement de la planéité des surfaces se ressent comme une limite qu’il chercherait à creuser, à traverser. Dans certaines de ses oeuvres, le dessin s’affranchit finalement de sa bidimensionnalité en s’inscrivant dans des volumes posés au sol, en s’étirant à l’échelle du mur, en investissant les espaces architecturaux qui l’accueillent.

Le dessin et le corps sont ici unis dans une même mise à l’épreuve, liée à l’enjeu du représenté. L’un et l’autre questionnent leur place et leur déploiement possible dans l’espace de la représentation.
Affrontant les limites de leur mise en oeuvre – format du support, amplitude d’étirement du corps – ils forment un duo en tension qui est l’outil de sa (dé)mesure.

L’exposition prolonge ainsi les thèmes explorés avec les précédentes expositions de Janos Ber, Diego Movilla et Anne-Valérie Gasc qui ont ouvert ce cycle intitulé Script, scraps and tracks.